Les sociétés de bibliophilie fleurissent à la fin du XIXe siècle, à l’instigation de grands collectionneurs. Dans ces cénacles choisis s’entretiennent le goût du livre, le souci de mieux faire connaître les ouvrages rares, de faire redécouvrir, en les publiant, des textes inédits ou peu connus et de les faire revivre en sollicitant des artistes illustrateurs contemporains.

 

Les Cent Une, association de femmes bibliophiles

L’association de bibliophiles « Les Cent Une » fut créée en 1926 par la Princesse Schakhowskoy. Une fois tous les deux ans, les Cent Une éditent pour leurs 101 sociétaires un beau livre illustré par un artiste contemporain. Cette association regroupe exclusivement des femmes, et jamais plus de cent une. Elle a comme objet l’édition de beaux livres illustrés. Parmi ses publications figurent notamment Les Héroïdes d'Ovide illustré par André Derain (1938), Une saison en enfer d'Arthur Rimbaud illustré par André Masson (1961), Alexis ou le traité du vain combat de Marguerite Yourcenar illustré par Dali (1971) et Le Rappel de Boris Vian illustré par Loustal (2009). Avec près de cent ans d'existence, les Cent Une forment la plus ancienne association de bibliophiles en France, après les Bibliophiles françois (1820) et les Amis du livre contemporain (1903), et la seule exclusivement féminine.

 

Les réalisations.

« Nous sommes une association féminine, pas féministe. Nous ne choisissons pas nécessairement des femmes auteurs et graveurs. » En atteste leur premier ouvrage publié : Suzanne et le Pacifique de Jean Giraudoux, illustré par J. E. Laboureur. 
Financé par les cotisations de ses membres, tiré en un nombre d’exemplaires limité, un nouvel ouvrage est publié tous les deux ans.
Les Cent Une font vivre cette tradition du livre illustré de bibliophilie, alliance d’un texte souvent inédit, d’illustrations d’un artiste contemporain et d’une réalisation sans faille grâce aux métiers du livre (papetiers, taille-douciers, typographes).
Les Cent Une, au cours de leur existence, ont marié avec bonheur écrivains et illustrateurs, entre autres : Ovide et Derain, Fabre et Lurçat, Audiberti et Carzou, Tolstoï et Weisbuch et, plus proche de nous encore, La Fontaine et Chaudouët, Tournier et Audrault, Vian et Loustal. 

 

La pérennité

Démétrios Galanis dessine et grave l’ex-libris de la société en 1926. Jean Cocteau leur dédie en 1951 un blason qu'elles se lèguent depuis :« noblesse d’âme (…)». Aujourd’hui présidées par Catherine de Vasselot de Regné, les Cent Une perpétuent cette tradition de qualité et d’excellence, marque de fabrique de toute société bibliophilique.